Avec ou sans réserve ? Sous toute réserve, en attendant d’apporter sa réponse définitive ? Sur la réserve, en arrêt avant d’oser agir ? Tout cela pourrait bien n’être qu’habileté, prudence de chat ou pusillanimité. Toujours un empêchement provisoire qui porte en lui la méfiance et le soupçon. Alors agissons sans réserve. Pourquoi toujours mettreLire la suite « Avec ou sans réserve ? »
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L’ineffable et l’indicible
Tous les silences n’ont ni la même source ni le même estuaire. Nous les confondons pourtant. Nous disons : « je ne peux pas le dire » comme si toutes impossibilités de parole se ressemblaient. Non, l’ineffable n’est pas l’indicible et les deux mots expriment des expériences de silence bien différentes. L’ineffable est ce quiLire la suite « L’ineffable et l’indicible »
Fais ce que voudras
Notre époque emploie les mots les plus importants dans un sens si appauvri qu’ils finissent par ne plus ouvrir aucun horizon. Ainsi du mot vouloir. Pour beaucoup de nos contemporains, vouloir signifie désirer, avoir envie, être attiré vers quelque chose. Mais dans la culture classique des humanités, vouloir relevait d’une tout autre expérience intérieure. LeLire la suite « Fais ce que voudras »
La vie éternelle, dès maintenant
La vraie question n’est peut-être pas celle de l’après. Maurice Zundel l’avait formulée avec une justesse désarmante : « le vrai problème n’est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous serons vivants avant la mort. » La vie éternelle, c’est maintenant – non comme une durée sans fin, mais commeLire la suite « La vie éternelle, dès maintenant »
Mon frère le canard de basse-cour
Dans Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry écrit : « Quand passent les canards sauvages à l’époque des migrations, ils provoquent de curieuses marées sur les territoires qu’ils dominent. Les canards domestiques, comme attirés par le grand vol triangulaire, amorcent un bond inhabile. L’appel sauvage a réveillé en eux je ne sais quel vestige sauvage. Et voilàLire la suite « Mon frère le canard de basse-cour »
« Les voies sûres du silence »
« Il ne faut point parler, devant tout le monde, des choses importantes ou anciennes ; on ne le doit faire que par les voies sûres du silence. » Fénelon rapporte cette phrase qu’il attribue à Pindare[1]. J’aime cette formule qui peut surprendre car elle heurte notre temps, si prompt à tout dire, tout montrer, tout rendreLire la suite « « Les voies sûres du silence » »
Le beau d’abord
« Prenez soin du beau, et l’utile prendra soin de lui-même. »Goethe Nous avons pris l’habitude de commencer par l’utile. Il faut que cela serve, que cela fonctionne, que cela produise. Alors seulement, si le temps le permet,on ajoutera un peu de beau —comme une finition décorative, un luxe plus ou moins discret, une concession.Lire la suite « Le beau d’abord »
À la fois seuls et reliés
Le cheval qui disparaît au tournant du chemin ou l’avion qui décolle, emportant l’être aimé. Nous n’avons pas changé. Ce sont toujours les mêmes émotions, les mêmes craintes qui surgissent au moment de se séparer momentanément. Elles demeurent, quelles que soient les époques et les transformations mécaniques. Nous n’avons pas changé. Il suffit de faireLire la suite « À la fois seuls et reliés »
Dans la simplicité de l’œil
Savez-vous que les couleurs n’existent pas en dehors de l’œil qui les voit ? Rien de mystique dans cette affirmation mais une réalité physique : il n’y a dans notre monde que des longueurs d’onde. Il n’y a pas de rouge dans la rose. Il n’y a pas de bleu dans le ciel. Il n’y a, dansLire la suite « Dans la simplicité de l’œil »
D’un labyrinthe l’autre
Nos vies sont souvent comparées à un labyrinthe. Elles sont chahutées, traversées de détours imprévus, de virages brusques. On avance sans toujours comprendre le tracé. Mais tous les labyrinthes ne disent pas la même chose. Le labyrinthe crétois, celui de la mythologie grecque, est construit pour perdre. Dédale l’aurait conçu pour enfermer le Minotaure auLire la suite « D’un labyrinthe l’autre »
