La vraie question n’est peut-être pas celle de l’après. Maurice Zundel l’avait formulée avec une justesse désarmante : « le vrai problème n’est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous serons vivants avant la mort. »
La vie éternelle, c’est maintenant – non comme une durée sans fin, mais comme une ouverture sans mesure qui commence aujourd’hui.
La vie éternelle, c’est maintenant. C’est la vie qui surpasse les horloges,
qui abolit les chronomètres et relègue les minuteurs tout juste bons pour cuire les œufs à la coque, pas pour guider nos vies.
La vie éternelle, c’est maintenant. C’est faire l’apprentissage de l’infini, entrer dans la contemplation, dans l’amour qui seul permet la connaissance, dans la paix qui efface la peur, et dans la joie qui préfère les battements du cœur au tic-tac de nos montres.
La vie éternelle, c’est maintenant. C’est apprivoiser le temps, aimer la patience, la constance, le rythme des saisons, des naissances et des renaissances. C’est entrer dans le grand rythme universel, celui du relèvement et du renouvellement, au-delà de nos fugaces existences individuelles.
La vie éternelle, c’est maintenant. C’est entrer dans la musique qui fait danser les étoiles, qui fait respirer l’océan au tempo des marées, et chanter les aurores rutilantes qui succèdent aux crépuscules mordorés. Et les jours aux jours, les mois aux mois, et les ans aux ans.
Au rythme des marées et des lunaisons, nous sommes de passage et pourtant toujours à la Maison, si nous voulons bien habiter ce temps, prendre ce temps, le seul temps qui compte et pourtant ne calcule rien, le seul temps de la Vie. Infiniment.
