Il y a deux sortes de regret.D’abord le regret des mille vies qu’on n’a pas eues, tant de carrefours où l’on a pris un embranchement plutôt qu’un autre. Regret éphémère car, en vieillissant, on prend conscience qu’il n’y a qu’une route de la vie, faite de choix, de hasard — de providence diront certains, deLire la suite « Sans regret ni remords »
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Comme l’allumette dans le noir
Connaître,c’est allumer une allumette dans la nuit,qui éclaire un bref espaceet révèle l’immensité de la ténèbre. La connaissance est cheminement,compagne de l’expérience.Elle n’est pas le savoir. Le savoir qu’on accumulen’est qu’expertise, calculet non ce qui ouvre au mystère. Connaître, c’est pouvoir contempler l’inconnaissance :appréhender les limites,et par-delà désirer l’infini,l’absolu, l’ultime.Plénitude d’une connaissancejamais atteinte. S’approcher deLire la suite « Comme l’allumette dans le noir »
S’émerveiller… simplement s’émerveiller
Laisser l’univers advenir dans sa nudité première, comme à l’aube du regard.Ne rien forcer. Se tenir là, immobile, dans la fine lumière qui apparaît. S’émerveiller, c’est accueillir l’invisible.Non pas l’évasion d’un autre monde, mais l’irruption secrète du réel profond, celui qui murmure sous la surface des choses.C’est consentir à la beauté sans vouloir l’enfermer, laisserLire la suite « S’émerveiller… simplement s’émerveiller »
L’étoffe de nos vies
Tout ce qui se trame au long de nos jours, ce que nous tissons, ce que nous tricotons et détricotons, toutes nos déchirures et nos raccommodages, tout cela constitue l’étoffe de nos vies. Ainsi nos jours s’ordonnent, chaînes et trames,broderies hésitantes où chaque fil compte,même celui qu’on ne voit pas.Nous vivons à coups de pointsLire la suite « L’étoffe de nos vies »
L’idolâtrie, c’est enfermer l’océan dans un bocal
L’idolâtrie :un cœur pétrifié,un souffle qui se referme,le mystère réduit à possession. L’idolâtrie enferme le trésordans la cage étroite de nos habitudes,s’approprie ce qui ne nous appartient pas,ce qui ne peut être contenusans cesser d’être lumineux.Elle veut tenir sous cléce qui n’existe que dans l’ouverture. Infinie. C’est la vieille tentation de maîtriser,de croire que leLire la suite « L’idolâtrie, c’est enfermer l’océan dans un bocal »
De l’horizon comme de l’ombre
Pourquoi les peintres, pour dire l’horizon, le placent-ils presque toujours dans un coucher de soleil ?Comme si la ligne imaginaire du monde devait s’éteindre avec la fin du jour.Comme si la fin de la lumière était le seul moyen de pressentir un au-delà du visible. L’horizon n’est pas une fin, c’est la promesse du recommencement.L’éphémèreLire la suite « De l’horizon comme de l’ombre »
Le veilleur
Le monde a besoin de veilleurs.Silencieux, ils contemplent,cœurs ouverts à la beauté,lucides sur le mal,habités par l’amour. Être veilleur,c’est apprendre à voir,observer la vie qui palpite,écouter le son du silence,discerner les traces de l’amour. Le veilleur se tait,mais il agit.Il parle peu,mais sa parole redressesans blesser. Fils de lumière,il s’unit à son frère.Il connaît laLire la suite « Le veilleur »
Marcher avec Jacob et Jason
Ils ne marchent pas droit.L’un sort d’une nuit de lutte avec Dieu, l’autre avance, chaussé d’une seule sandale.Jacob le Déhanché, Jason Monocrépis, une même marche ou démarche : celle de l’homme qui avance autrement. Deux noms, deux blessures, deux sources – Jérusalem et Athènes. Dans la Genèse, Jacob lutte jusqu’à l’aube avec l’être mystérieux. L’ange toucheLire la suite « Marcher avec Jacob et Jason »
La pudeur, comme une respiration
Il est des vertus silencieuses qu’il faut nommer. La pudeur, par exemple — non comme contrainte mais comme respiration. Dans un monde surexposé, elle seule nous apprend encore à approcher l’autre sans le profaner, à laisser la beauté se révéler dans le secret du voile. Connaît-on encore la pudeur, en ces temps brutaux d’exhibition permanenteLire la suite « La pudeur, comme une respiration »
Plaidoyer pour le réalisme spirituel
À rebours du désenchantement, le réalisme spirituel invite à redécouvrir la présence vivante du sens au cœur du réel. Défendre le réalisme aujourd’hui, ce n’est pas nier la modernité : c’est lui redonner une âme, rétablir la confiance dans le réel, dans la parole, dans la possibilité d’un sens partagé. Il est temps de réapprendreLire la suite « Plaidoyer pour le réalisme spirituel »
