Avec ou sans réserve ?

Avec ou sans réserve ? Sous toute réserve, en attendant d’apporter sa réponse définitive ? Sur la réserve, en arrêt avant d’oser agir ? Tout cela pourrait bien n’être qu’habileté, prudence de chat ou pusillanimité. Toujours un empêchement provisoire qui porte en lui la méfiance et le soupçon.

Alors agissons sans réserve. Pourquoi toujours mettre des conditions, fixer des clauses restrictives ? Qu’avons-nous à perdre ? Seulement nos peurs. Il y a tout à gagner, sans exclusion ni exclusive. Sortez-moi des réserves, dit l’œuvre d’art oubliée par le conservateur du musée. Demandons la lumière, il est temps de vivre pleinement.

Mais pensons avec réserve. Comme avec crainte. La crainte qui n’est pas la peur mais seulement la pudeur et le respect, la circonspection et la retenue. Avec réserve pour ne pas être indiscret, pour ne pas être éléphant dans les magasins de porcelaine de nos fragilités humaines. C’est ce qu’on appelle le tact, toucher sans maltraiter. Et savoir les réserves de bonté dont nous sommes les dépositaires. Elles sont plus abondantes que les réserves des banques. Il ne tient qu’à nous de les partager.

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