L’icône et l’idole

Faut-il avoir peur des images ? J’aime l’icône, et souvent je voudrais qu’il me soit possible un jour d’écrire mes textes courts comme le peintre crée une icône. L’icône, une image, seulement une image qui tente d’être un reflet du divin, tout le contraire de l’idole. L’icône est toujours en recherche d’un langage universel qui résumerait toutes les représentations. Ne dit-on pas d’un personnage ou d’un produit qu’il est iconique quand il réunit toutes les qualités qui le définissent ? 

À l’opposé, l’idole consiste à enfermer le divin dans l’image et à faire de cette représentation la réalité du divin, un objet de vénération. Illusoire réponse qui se voudrait définitive. Finalement, l’idole est une solution de facilité, tant elle semble tellement plus pratique et accessible dans notre rapport au divin. Mais l’idole n’est qu’un court-circuit. Pathétique Veau d’or définitivement insuffisant. Toujours la tentation de l’idolâtrie quand il semble tellement plus facile de vouloir mettre la main sur le divin, d’y coller nos petits arrangements magiques et superstitieux.

Humilité de l’icône qui donne à voir le divin tout en le mettant à distance. Distance marquée par les codes de représentation, l’économie de moyens et l’effacement de l’artiste qui transforme son pinceau en prière contemplative. L’icône n’est là que pour faire briller le divin, toujours autre, tenter de nous le donner à apercevoir. Autant qu’il est possible à l’œil et à l’âme de contempler. L’icône comme une poétique allusion quand l’idole n’est que clinquante illusion.

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