L’autre, mon prochain, mon frère

Comme l’appeler, comment t’appeler ? L’autre, le semblable, le voisin, le prochain ? Le prochain dans sa proximité, son immédiateté, ou comme le suivant, le prochain numéro, celui qui vient après. Le prochain est toujours à venir. Mais le traiter de prochain, comme de suivant dans une salle d’attente, c’est courir le risque de l’évitement. Le prochain n’existe que dans la rencontre. 

L’autre n’est prochain que s’il existe pour moi, dans la relation qui s’engage avec lui. C’est mon prochain et il va falloir que je m’en débrouille si je le reconnais comme tel. L’immense Léon Tolstoï a écrit : « le plus grand péché d’aujourd’hui : l’amour abstrait des hommes“ et il ajoutait : « Aimer les hommes qu’on ne connaît pas, qu’on ne rencontrera jamais, c’est si facile ! On n’a besoin de rien sacrifier. Et en même temps, on est content de soi ! La conscience est bernée – Non, il faut aimer le prochain, celui avec qui on vit, et qui nous gêne. »

« Il faut aimer », dit Tolstoï, comme un devoir, un travail. Après tout, si cela était naturel et facile, il n’y aurait pas besoin de commandement. Aimer fraternellement ce semblable, mon frère, dans sa différence, mon prochain qui n’est pas mon même. Dans une fraternité de cordée, de proximité qui interdit l’indifférence. Et avec le suivant, créer le précédent qui illumine nos vies. 

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