D’un labyrinthe l’autre

Nos vies sont souvent comparées à un labyrinthe. Elles sont chahutées, traversées de détours imprévus, de virages brusques. On avance sans toujours comprendre le tracé. Mais tous les labyrinthes ne disent pas la même chose.

Le labyrinthe crétois, celui de la mythologie grecque, est construit pour perdre. Dédale l’aurait conçu pour enfermer le Minotaure au cœur du palais de Cnossos. Celui qui y entre risque de ne jamais retrouver la sortie. Thésée lui-même n’en réchappe que grâce au fil d’Ariane. Ce labyrinthe est une image de l’égarement, du combat contre le monstre tapi dans l’ombre.

Les labyrinthes des cathédrales médiévales racontent une tout autre histoire. À Chartres, Amiens ou Reims, le tracé dessiné dans la pierre ne comporte ni piège ni impasse. Il n’y a qu’un seul chemin. Il est long, sinueux, parfois déroutant. On s’éloigne du centre avant d’y revenir, mais il conduit toujours au cœur.

Ces labyrinthes étaient souvent parcourus comme un pèlerinage symbolique, lorsque l’on ne pouvait pas aller à Jérusalem. Ils rappelaient que la vie elle-même est un chemin.

Dans le premier labyrinthe, on craint de se perdre. Dans le second, on apprend à marcher vers le centre dans la confiance.

Et ce centre n’est pas seulement un point dans la pierre. Il est la figure de l’essentiel : la présence divine vers laquelle tend le pèlerinage de nos vies.

Alors il suffit peut-être d’avancer dans la confiance, avec pour seul carburant l’amour, et l’espérance qui donne sens à la marche. Car même lorsque le chemin semble s’éloigner, il continue de conduire vers ce que nous savons central : vers l’unique essentiel.

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