Laisser l’univers advenir dans sa nudité première, comme à l’aube du regard.
Ne rien forcer. Se tenir là, immobile, dans la fine lumière qui apparaît.
S’émerveiller, c’est accueillir l’invisible.
Non pas l’évasion d’un autre monde, mais l’irruption secrète du réel profond, celui qui murmure sous la surface des choses.
C’est consentir à la beauté sans vouloir l’enfermer, laisser le mystère demeurer mystère, laisser la merveille nous traverser comme un souffle que rien ne retient.
S’émerveiller du simple et du minuscule : d’un scintillement sur la neige, de la fragilité de l’enfant de Bethléem, prince de la paix. S’émerveiller de la force des mères.
S’émerveiller du vaste, de la nuit et de l’étoile, de ces immensités qui ne nous appartiennent pas.
Dans l’un et l’autre, sentir l’infini — une présence qui s’insinue, se déploie, et toujours veille.
L’émerveillement est passage.
On ne s’émerveille jamais sur soi-même : toujours, on franchit un seuil — et l’on se tait.
On quitte le vacarme des certitudes pour entrer dans le silence de l’œil, là où le monde se donne à nouveau, dans sa clarté naissante.
Et Noël, peut-être, n’est rien d’autre que cela :
ce moment mystérieux où le cœur consent à naître encore,
où la nuit se laisse percer par une lueur si humble qu’elle en devient infinie.
Illustration: visiteurs à l’exposition “Georges de La Tour, entre ombre et lumière“, jusqu’au 25 janvier 2026, musée Jacquemart-André, à Paris.
