4 février, Journée internationale de la fraternité humaine

Depuis 2020, le 4 février est décrété par l’ONU Journée internationale de la fraternité humaine afin de promouvoir le dialogue interculturel. L’accomplissement de la fraternité reste un parcours ardu. Les figures mythiques de Caïn et Abel nous le rappellent et Primo Levi, témoin lucide rescapé des camps de la mort, alertait sur le risque du fratricide qui plane comme “l’ombre d’un soupçon, que chacun est le Caïn de son frère [1] “. 

La fraternité n’est pas un vague sentimentalisme. C’est un courage par temps de crise où tout est prétexte à exclusion. Elle n’est pas un entre-soi identitaire ou affinitaire, une fraternité de clan ou de tribu qui serait enfermement et régression. Au contraire, c’est une fraternité de liberté où nous voulons le meilleur pour tous nos frères humains. C’est donc un lien qui libère, une fraternité de cordée plutôt que de corde. Et cette fraternité pour notre temps dépasse notre seule génération. Elle s’ouvre à tous, à ceux qui nous ont devancés et à ceux qui nous succèderont.

La fraternité, c’est se connaître océan pour la goutte d’eau. C’est sortir de l’individualisme dominant pour comprendre que nous sommes tous reliés. Elle nous fait entrer dans une relation où chacun est unique, singulier. Avant de conjuguer la fraternité au pluriel, il faut être capable de dire : « mon Frère » et de le reconnaître comme tel, dans son mystère, son unicité, sa simplicité apparente. Vivre la fraternité, c’est reconnaître que l’autre est sacré. La fraternité comme seule réponse au cri de Alexandre Soljenitsyne : « Pourquoi moi, s’il n’y a que moi ?».


[1] Primo Levi, Les naufragés et les rescapés – Quarante ans après Auschwitz, Gallimard, 1989.

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