Quand le temps fait refuge

Entrer dans le rythme du temps, s’y effacer ou plutôt s’y intégrer, devenir un battement du temps. Au Japon, on compte vingt-quatre saisons. La tradition cultive la nuance et les rites dans l’art du temps. Elle compte un cycle de douze ans de signes astraux que la cérémonie du thé marque avec un bol différent par année. Dans une vie humaine, on n’utilisera pas plus de trois ou quatre fois cet ustensile. 

As-tu oublié le battement d’œil du temps ? Temps cyclique, temps spiral, comme en horlogerie ce petit ressort dit spiral, constituant avec le balancier l’organe réglant de la montre mécanique et qui ramène le balancier à sa position de départ à la fin de chaque alternance. Entrer dans la danse du temps, rythme et joie, mystère apprivoisé.

Être part du temps et de l’univers. Entrer dans ce mouvement jusqu’à en pénétrer le centre, l’œil comme on dit de l’œil du cyclone, là où tout est calme. Besoin d’abri, de crique dans la tempête des jours. Savoir que tout est tumulte et qu’on a trouvé refuge. Et dans ce refuge, se savoir au centre du monde, mais ne pas oublier le bruit et la fureur. En avoir parfaitement conscience et dire à mon frère : Viens, n’oublie pas, ne nie pas la tempête, entre dans le secret, dans le silence. Aime ce qui advient et deviens toi-même refuge. Silence. Souviens-toi de tout ce que tu as vécu, et de ce que tu vas vivre. Fais poésie de ce temps.  

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