À la fois seuls et reliés

Le cheval qui disparaît au tournant du chemin ou l’avion qui décolle, emportant l’être aimé. Nous n’avons pas changé. Ce sont toujours les mêmes émotions, les mêmes craintes qui surgissent au moment de se séparer momentanément. Elles demeurent, quelles que soient les époques et les transformations mécaniques.

Nous n’avons pas changé. Il suffit de faire de la place, de laisser le silence advenir, pour être rejoints par ce qui nous fait éternellement humains. Quand te reverrai-je ? Quels sont les dangers qui te guettent ? Et toujours ces trois piliers : espérance, confiance et amour. Et l’ouverture à une réalité plus grande que nos peurs, à cet Ultime Réel que l’on ose appeler Dieu.

Nous n’avons pas changé. Il y a, au fond de nous, cette intuition d’une Providence. Quelque chose de plus grand que nos existences et nos échanges prosaïques. Il y a, non pas nécessairement la peur, mais la conscience aiguë de notre vulnérabilité, de nos fragilités.

C’est cette réalité qui nous fait vraiment humains : reliés, à la fois seuls et reliés. Éternelle respiration, battement du cœur humain. Beauté de cette fragilité, de cet abandon au tournant du chemin ou au moment du décollage. Sans eux, l’espérance n’aurait pas de lieu où habiter.

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