Connaître,
c’est allumer une allumette dans la nuit,
qui éclaire un bref espace
et révèle l’immensité de la ténèbre.
La connaissance est cheminement,
compagne de l’expérience.
Elle n’est pas le savoir.
Le savoir qu’on accumule
n’est qu’expertise, calcul
et non ce qui ouvre au mystère.
Connaître, c’est pouvoir contempler l’inconnaissance :
appréhender les limites,
et par-delà désirer l’infini,
l’absolu, l’ultime.
Plénitude d’une connaissance
jamais atteinte.
S’approcher de la connaissance,
s’accoutumer au mystère,
en respecter le secret.
Connaître n’est pas posséder la lumière,
mais consentir à l’éclair
qui révèle la nuit.
On voudrait connaître et faire connaître,
mais on ne fait que transmettre
ce qu’on ignore
avec ce qu’on croyait savoir.
Et pourtant, connaître et aimer,
comme Adam connut Ève,
dans l’acte vital qui engendre la vie.
Amour du mystère qui se transmet.
