De l’horizon comme de l’ombre

Pourquoi les peintres, pour dire l’horizon, le placent-ils presque toujours dans un coucher de soleil ?
Comme si la ligne imaginaire du monde devait s’éteindre avec la fin du jour.
Comme si la fin de la lumière était le seul moyen de pressentir un au-delà du visible.

L’horizon n’est pas une fin, c’est la promesse du recommencement.
L’éphémère s’y mêle à l’infini.

L’horizon est pareil à l’ombre que chacun porte avec soi, ombre à la fois insaisissable, fuyante et mêmement fidèle.
Microcosme de l’ombre, macrocosme de l’horizon.
Même fugacité, même irréalité, même immatérialité.
L’ombre et l’horizon résument tout ce que nous ne pouvons retenir, tout ce qui nous échappe, tout ce que nous pressentons sans pouvoir le dire.

Toujours devant l’homme, l’horizon parle d’éternité.
Toujours avec l’homme, l’ombre dit la gravité.

Ce que nous ne voyons pas encore, l’horizon le porte déjà.
Il nous murmure qu’il n’est de limite que dans notre regard, que nos frontières ne sont que des perceptions restreintes.

J’aime l’idée d’un horizon comme d’un sillon à creuser.
On y enfouit ses espérances, on y sème ses désirs. Germination.

Le destin comme ligne d’horizon.
La fatalité comme ombre insécable.
Entre les deux, la lumière persévérante de la marche.

Et le midi plein, quand l’ombre a disparu : “Midi le-juste“ comme ultime horizon.

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