Si fragile équilibre qui permet d’avancer.
Force d’aller, nos vies sur le fil,
sensation de joie sous le soleil du fildefériste.
Nos vies balancées, chahutées.
Ne pas tomber, garder l’équilibre sur le fil, se relever.
Reprendre le fil, croire au fil, à tous les fils
comme l’araignée qui tisse,
comme le ver à soie qui ourdit sa demeure.
Ne pas renoncer à tendre le fil.
Destin commun des hommes : toujours tirer le fil,
tresser, nouer, dénouer, renouer.
Et filer, filer, toujours filer.
À toute vitesse, lentement, précipitamment,
sans finir en quenouille.
Et savoir les ciseaux de la Parque,
avant que tout soit noué et défait,
avant que le fil se rompe.
