Libre comme le danseur

Tu m’interroges à la fin de la conférence  : « Obéir à une règle, une ascèse, être dans la contrainte et l’obéissance, n’est-ce pas aller à l’encontre de notre liberté ? »

Alors, je te réponds avec les mots du danseur et chorégraphe Maurice Béjart : « Je crois que l’ascèse est une des choses principales pour le développement de l’être humain et que l’ascèse est nécessaire à la construction d’un art quel qu’il soit. L’ascèse consiste à choisir perpétuellement l’essentiel. C’est en ne gardant que l’essentiel et le nécessaire que l’on trouve tout à coup les forces de la vitalité et de la vérité. […]

« Pour parler simplement du métier de danseur, un danseur est un être qui a commencé entre dix et quatorze ans à faire une série d’exercices chaque matin, et ils les fait toute sa vie, sans aucun jour d’interruption, tous les matins. Il s’impose une espèce de discipline au départ, qui lui permet de trouver sa plus grande liberté.

« Finalement, quand on me dit : « Qu’est-ce que la danse ? », je réponds : à l’échelon des gens qui ne savent pas, c’est se mettre debout et faire n’importe quoi ; à l’échelon des très bons danseurs, c’est avoir une discipline de dix ans ou de quinze ans et faire des choses très codifiées ; à l’échelon du véritable danseur, c’est se mettre debout et faire n’importe quoi, mais après avoir passé vingt ans d’ascèse… C’est retrouver l’innocence et la liberté, mais avec un travail préliminaire. » (Maurice Béjart, L’Art sacré n°1, 1er trimestre 1969.)

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