L’inquiétude serait-elle comme le cholestérol dont chaque patient sait qu’il y a un bon et un mauvais cholestérol ? Pourquoi t’inquiètes-tu ? L’esprit toujours en mouvement, troublé, perturbé, ou seulement agité, ému, toujours éveillé, vivant.
Heureux es-tu si ton inquiétude signifie que tu as souci de ce qui t’entoure et que tu ne te laisses pas aller à un lâche et mol assoupissement. Alors oui, reste debout et inquiet jusqu’à la fin des temps, comme le veilleur, comme le marin à la barre du bateau qui répond de la sécurité de l’équipage. Et veille surtout à savoir ce que tu fais de cette bonne inquiétude qui risque de rester stérile, paralysante ou, guère mieux, de se transformer en activisme sans réel effet.
Mais ne confonds-tu pas souvent l’inquiétude avec l’angoisse et l’anxiété, la projection de tes peurs ? La fuite en avant dans tes angoisses t’empêche de vivre le présent. Souviens-toi de l’adage populaire qui dit que la peur ne supprime pas le danger. Accepte l’incertitude de la vie, sans impatience ni résignation. De quoi es-tu inquiet ? Bien sûr, tu es inquiet pour ceux que tu aimes et que tu voudrais toujours en sécurité, à l’abri du malheur. Mais cette inquiétude d’amour est bien maladroite, impuissante, et surtout pernicieuse si elle ne connaît pas la confiance. Aime au présent, vis au présent, sans appréhension ni remords.
Au fait, as-tu mesuré récemment ton taux de cholestérol ? Je ne voudrais surtout pas t’inquiéter.
