La recherche de l’authentique

Comme un désir de vérité, un espoir, une garantie. Quand la confiance fait défaut, quand la réalité devient suspecte être falsifiée, mensongère, nos contemporains sont en quête d’authentique. Sans très bien savoir de quoi il s’agit, peut-être de la nostalgie d’une pureté originelle que rien n’est encore venu altérer. Nous sommes tous à la recherche de ce qui ne saurait trahir, de ce qui rattache et nous arrime à l’essentiel contre toutes les falsifications, les contrefaçons et tous les artifices qui colonisent nos vies.

Authentique comme quoi ? Comme l’acte notarié qui fait foi d’une réalité et lui donne autorité ; authentique comme l’œuvre d’art dont les experts nous ont donné l’assurance qu’il ne s’agit ni d’une copie, ni d’une imitation ; authentique comme la recette traditionnelle d’un plat qu’aucun ajout n’a dénaturé ? Nous sommes tous à la recherche de garantie de ne pas être trompé, de ne pas se tromper soi-même. L’authenticité comme une fraîcheur retrouvé, comme l’assurance d’être dans le vrai, d’atteindre une réalité sans fard, dans sa vérité nue. 

Mais si le mot convient bien aux objets, aux actes notariés comme aux tableaux exposés dans un musée, il devient plus fragile quand il s’agit des comportements humains. Qui peut dire qu’il a été authentique, qu’il a été vraiment lui-même ? Pour cela, il faudrait déjà pouvoir vraiment se connaître. L’authenticité devient alors rapidement un fantasme. Quel certificat authentique lui donner ? À quel original peut-on être conforme ? Peut-être simplement à notre vocation d’homme, à un modèle éthique mais alors on ne peut pas plus se vanter d’être authentique que d’être humble ou sage. Faut-il lui préférer un autre qualificatif ? Tâchons d’être francs. Simplement cohérents et dignes de confiance. 

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