Nos vies à émonder

La taille de la vigne se fait généralement en hiver quand la sève est redescendue dans les racines. Les corps sont penchés vers les ceps de vigne. Les mains font pression sur les sécateurs, les gestes sont rapides et précis. Rien de mutilant dans cet émondage, au contraire, dans la confiance du geste expert, il y a l’espérance de la récolte que produira la vigne dans quelques mois. Derrière l’effort, les sourires disent l’amour du métier. On élève la vigne comme on élèvera le vin à venir. Comme un travail d’éducateur, qui patiemment sait tout à la fois contenir et encourager la plante. Prendre soin et révéler.

Tout le paradoxe de l’émondage est là. Dans la main de l’homme qui taille et limite pour mieux développer. Le travail d’émondage exige d’être répété dans le cycle des saisons, compliance de l’homme et de la nature acquise dans la transmission de génération en génération d’hommes et d’arbres. Débarrassé, soulagé de ses sauvageons, cet arbre portera de meilleurs fruits. Il trouvera sa force et sa vigueur en lui-même. 

Émonder, comme une philosophie de vie. Vaincre ses passions, disent les uns ; ascèse répondent les autres. Retour à l’essentiel, simplicité de nos vies à émonder de tous les encombrements de nos environnements quotidiens. Émonder sans mutiler pour mieux grandir. 

J’arrête là pour émonder ce texte avant qu’il devienne trop bavard. Émonder aussi nos paroles, dans l’espérance de meilleurs fruits. Et, avec ces premiers mots qui ouvrent l’année 2025, je te souhaite, cher lecteur ou lectrice, paix, amour et joie. Puissions-nous cheminer ensemble dans la lumière vers le printemps encore caché !

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