Que dit de nous le désir d’une eau limpide, vivante comme une source de montagne ? Nous parle-t-il de notre besoin de désencombrement ou révèle-t-il nos peurs de la complexité ? Ce désir révèle le besoin de limpidité contre tout ce qui est trouble et altéré. Limpide comme une espérance ou bien comme un fantasme de pureté, en défense de tout ce qui apparaît tourmenté ou vaseux ?
À quelle eau nous désaltérer ? Nos vies bouillonnent comme le torrent mais il serait bien hasardeux de les juger limpides. Rien n’est limpide sans l’unique lumière. C’est la lumière qu’il faut aimer, qui se reflète dans les eaux de nos jours. Levons les yeux, nous reconnaîtrons cette lumière ; et laissons l’eau reposer, décanter. Transparence et joie limpide.
Cette eau limpide que désigne la lumière ne sera jamais une eau stagnante. La limpidité suppose le jaillissement mais ni une effervescence ni un énervement. Elle nous parle assurément de sagesse et d’équilibre, de ces « cœurs limpides et joyeux » qu’évoquait quelque part Romain Rolland. Alchimie de la décantation, regard de la simplicité, première lumière. Quelle est la vérité cachée de l’eau limpide ?
