Passage et passeurs

Nous sommes de passage, seulement de passage. Mais de passage en passage, nos vies deviennent d’imprévisibles courses de haie, faites autant de franchissements que d’affranchissements. Premier passage étroit de la naissance, porte basse, puis passages glorieux de toute mer rouge. La vie comme une libération, une épuration. Vers quelle destination le passage ? Vers l’ultime retour, le grand passage. Trépassés. Passent les heures, passent les jours… Ne laisse pas passer ton tour. 

Besoin de point de passage, de pont pour enjamber les fleuves, de cols pour franchir les montagnes, ces passages qui sont comme des bornes dynamiques de nos vies. Légères. On voudrait lier, comme un bouquet destiné au vainqueur, l’effort et la joie de ces moments, les saisir comme au passage, soit dit en passant, comme dans un affleurement du temps ou une effraction dans le temps qui passe pesamment. Fine pointe du passage, essentielle et fugace.

Besoin de passeurs, pour écrire ensemble quelques passages de nos vies, pour relire nos cérémonies de passage, et passer à la limite. Passeur ou passant, oiseaux de passage, toujours en transit, en transmission, passages de témoin. Et du passé, de l’accompli, que ferons-nous ? Tout passe mais que rien ne te lasse. 

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